c'est une question qui ressemble à un éternel Graal, et dont la réponse relève sans aucun doute autant de l'expérience que de la magie. il faut savoir saisir ce qui appartient à son époque, concevoir, mais aussi — et surtout — apporter du confort. une sorte de sainte trinité qui est au cœur de l'obsession d'east pacific trade.

« nos baskets doivent être des produits de haute performance pour un usage urbain quotidien. elles doivent être à la fois techniques et sophistiquées. nos modèles doivent être compréhensibles et faciles à porter. c'est une philosophie », aime à dire jai baek, le fondateur de la marque née en corée du sud en 2017.

pour le dire simplement, chez ept, il n’y a pas de basket sans confort. ce critère fait l’objet d’un travail à la fois concret et scientifique. la semelle intérieure de chaque modèle se compose de quatre couches distinctes, fabriquées à partir de matériaux différents aux degrés de fermeté variés. cette formule unique crée le meilleur équilibre possible.

« La répartition des points de pression sur le pied est optimale. Le confort se fait immédiatement sentir dès que l’on enfile la basket. »

« Il n’est pas nécessaire d’en faire trop pour le ressentir », explique Jai Baek.

il sait de quoi il parle : son parcours dans l’univers de la chaussure est celui d’un perfectionniste qui n’a jamais cessé de s’interroger sur la technologie qui compose une chaussure.

en 1977, âgé de seulement 27 ans et n’ayant presque rien à son actif, jai baek arrive à san diego, en californie, et trouve un petit emploi chez un modeste cordonnier. derrière le comptoir, il apprend à redonner vie aux chaussures en déconstruisant chaque détail et en maîtrisant toute leur complexité. c’est vite devenu une passion. il obtient bientôt un diplôme de technicien en chaussures orthopédiques, puis passe près de dix ans à créer ce type de modèles. cette expertise, aussi rare que précieuse, l’a toujours guidé tout au long de son parcours professionnel : membre fondateur et directeur de la création chez dc shoes, la légendaire marque californienne de chaussures de skate ; fondateur et président de creative recreations, la première marque de baskets hype de hollywood à avoir été soutenue par kanye west au début des années 2000 ; et en tant que directeur général de huf, jai a permis à la marque de lifestyle skate de devenir un phénomène mondial de chaussures et de vêtements.

jai baek imagine toujours ses modèles de chaussures, recherche des matériaux et crée de nouvelles formes. dans son domaine, jai baek est un avant-gardiste, et east pacific trade s'efforce d'être tout aussi avant-gardiste. ce parcours a été forgé dans ses premiers jours, il y a bien longtemps, par le désir d'un jeune homme de s'ancrer dans la puissance du rêve améri-cain. jai baek voulait se bâtir une vie et vivre de sa passion de ce côté-ci du monde. près de cinquante ans après cet arrêt inattendu dans une cordonnerie d'un quartier de califor-nie, le lancement et le développement d'east pacific trade se déploient-comme son nom le suggère-tel un écho ludique. après le rêve américain vient l'idée d'un art coréen distinct de shoema-king : délicat, technique et sincère, cherchant à déployer ses émotions et ses modèles à travers le monde.

« C’est là tout le sens du commerce dans le Pacifique oriental », sourit Jai Baek,

« il y a cette idée de partage. »

interview de jai baek par raphaël malkin

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